1926 Fermín Benedicte Aguayo naît le 26 août 1926 à Sotillo de la Ribera, village de Vieille Castille situé près de Burgos.
1936 En juillet, la guerre civile s’étend à tout le pays. Le village tombe aux mains des franquistes. Son père et deux de ses frères sont assassinés. Dans la confusion et la panique, sa mère, Feliciana n’a que le temps d’attraper son petit garçon et de s’enfuir en courant sans rien emporter. Elle tente tout d’abord de gagner Bilbao où une de ses filles est mariée et établie.
1937 Elle n’y parvient pas et commence alors une errance qui va durer presque un an. Ils font une partie de la route avec une famille de bohémiens qui gagnent leur vie en portraiturant les villageois. Fermín est fasciné par leur virtuosité. Il avait déjà montré des dispositions particulières à l’école de son village, qui avaient été remarquées par son instituteur et rapportées à ses parents, sans que ceux-ci attachent une importance particulière à ces dons. C’est là, sur ces places de villages, qu’il prend conscience du monde immense qu’ouvre l’art et qu’il décide d’être peintre.
1938 Ils parviennent à Saragosse. Sa mère est épuisée par le chagrin et la vie sur les routes. Elle trouve un emploi de vendeuse des quatre-saisons et inscrit son fils à l’école. Elle recueille une petite-nièce orpheline ou une cousine. La santé de Feliciana décline vite. Aguayo devra bientôt se lever lui aussi à trois heures du matin pour l’aider à porter les cageots de légumes. Elle meurt quelque temps après, probablement de tuberculose. Il reste seul avec la petite fille âgée de trois ans, qui meurt elle aussi, quelques semaines après Feliciana. Il évoquera le destin tragique de cette enfant dans plusieurs tableaux de 1948. Comme beaucoup de personnes traumatisées, Fermín Aguayo ne parlera pas des drames qui ont jalonné sa jeunesse, sauf à sa compagne Marguerite, à laquelle il expliquera avoir été soulagé de conserver avec lui le tableau intituléCalavera, la seule mémoire concrète qui lui restait.
1941 Il entre en apprentissage de maîtrise industrielle dans l’entreprise Maquinista y Fundiciones del Ebro (anciens ateliers Bresel) à Saragosse.
1942 Avec Eloy Laguardia, apprenti dessinateur dans le même atelier, ils participent à des expositions artisanales promues par Educación y Descanso, bonnes œuvres de l’entreprise Maquinista y Fundiciones del Ebro. Aguayo obtient un prix d’artisanat qui consiste en un plateau de cuivre et 150 pesetas. Ce prix lui permet d’acheter du matériel de peinture. Les premiers essais à la gouache et à l’aquarelle datent de cette époque.
1945 Aguayo effectue son service militaire à la Brigada de Topógrafos. Il peint ses premiers tableaux à l’huile dans la cour de la pension de Doña Mariana. Jusqu’au moment de quitter Saragosse, il utilisera toujours de l’huile de noix, la moins onéreuse, qui a la particularité de sécher très lentement et de foncer les couleurs, surtout lorsque les tableaux sont privés de la lumière du jour. Il apporte ses trois premiers tableaux au Salon des Artistes aragonais, qui chaque année distribuait des médailles. Le portier lui refuse l’accès car il n’est pas aragonais de naissance, puis regarde ses tableaux et le laisse passer en lui disant qu’il n’aura jamais le prix.
1946 Aguayo visite pour la première fois un musée, celui de Saragosse. Tout lui paraît vieux et poussiéreux, même Goya ne l’intéresse pas. Il fréquente les librairies et les cafés intellectuels artistiques comme “Ambos Mundos” et la “Peña Niké” où il entre en relations avec Santiago Lagunas qui a 35 ans à cette époque, soit 14 de plus qu’Aguayo, est architecte et vit dans une certaine aisance matérielle. Aguayo loue avec Eloy Laguardia et Santiago Lagunas un atelier. C’est une petite chambre de trois mètres sur deux dans laquelle ils travaillent tous les trois au coude à coude. Aguayo est féru de lectures et d’idées révolutionnaires en peinture. Il rencontre aussi à la librairie Pórtico Pascual Martín Triep, directeur du quotidien Heraldo de Aragón, qui préfacera le catalogue de la première exposition du Grupo Pórtico l’année suivante. C’est pour Aguayo et ses amis une période de pauvreté extrême. Ils n’ont quelquefois pour repas qu’un œuf à se partager. Son salaire lui permet tout juste de payer sa pension chez Doña Mariana et de se nourrir correctement une seule fois par semaine. Aguayo quitte les ateliers Bresel où il travaillait huit à dix heures par jour, six jours sur sept, pour être engagé comme dessinateur chez Lagunas. Il expose à la librairie Pórtico tenue par Alcrudo et vend sa première œuvre, une aquarelle, à une touriste allemande de passage et donne deux aquarelles au libraire comme commission. Il y vend également son premier tableau, une vue de l’Eglise de San Juan de los Panetes à Don Vícente García, peintre en bâtiment et peintre du dimanche.
1947 Le Grupo Pórtico, du nom de la librairie tenue par José Alcrudo, est fondé par sept peintres au café Ambos Mundos, paseo de la Independencia. Ils n’exposeront qu’une seule fois tous les sept et rapidement ne resteront que trois, Santiago Lagunas, Eloy Laguardia et Aguayo. Tous les témoignages s’accordent pour dire que si Lagunas menait officiellement le groupe, Aguayo en était l’âme véritable. En avril, sous le titre “Pórtico presenta 9 pintores” dans les salles du Casino Mercantil avec Baqué, Pérez Losada, Vicente García, Alberto Pérez Piqueras, López Cuevas, Santiago Lagunas, Manuel Lagunas, Fermín Aguayo et Alberto Duce. Aguayo illustre la couverture du catalogue d’un dessin au trait. Aguayo dira : “Les expositions du Grupo Pórtico ne passaient pas inaperçues. Elles ont eu à Saragosse un immense succès comique : les gens y allaient pour se divertir.” Il expose ensuite, principalement des dessins et des aquarelles, seul avec Santiago Lagunas, en août et en novembre à l’Universidad de Verano de Jaca et au Casino Mercantil de Saragosse.
1948 Il se ruine pour acheter un livre de Ramón Gómez de la Serna qui présentait des reproductions en noir et blanc de Delaunay, Archipenko, Picasso et Lipchitz. Aguayo peint une série de toiles très noires, où souvent apparaît une tête de mort, et sa signature change : il adopte celle, fine et élégante de son père, qui figure sur son acte de naissance, et n’en changera jamais plus, tracée à la pointe dans la peinture fraîche ou, à partir de 1956, calligraphiée. En février, la Libreria Buchholz à Madrid montre un ensemble de peintures sous le titre “Pintores de Aragón”. Une de ces deux expositions a failli ne pas avoir lieu en raison de la pression exercée par les franquistes. La Galeria Studio de Bilbao présente les œuvres du groupe en avril. Tous trois partent au pays basque avec le père de Lagunas.
1949 Aguayo réalise pendant l’été avec Laguardia et Lagunas, une décoration en céramique pour le cinéma El Dorado. Ce cinéma avait été construit en 1914 par Teodoro Ríos et sa restauration confiée à Lagunas en sa qualité d’architecte. Lagunas décide que la décoration sera collective. Aguayo participe avec Lagunas, Laguardia, Vera et Antón au premier Salón Aragonés de Pintura Moderna à la Lonja de Saragosse. Des désaccords surviennent entre Lagunas, Laguardia et Aguayo, peut-être activés par les violentes critiques contre la rénovation du cinéma El Dorado. Le Grupo Pórtico disparaît. Aguayo installe son atelier Paseo de la Mina à Saragosse.
Il participe à une exposition de groupe à la galerie Palma de Madrid où il rencontre le peintre britannique Stubbing avec qui il gardera toujours des relations amicales. C’est son premier voyage à Madrid, très court, mais il a le temps d’apercevoir ce que les richesses de cette ville peuvent lui apporter.
1950 Il réunit péniblement 500 pesetas et décide de repartir pour Madrid où il passe son temps dans les musées et au cinéma.
La France a rouvert ses frontières avec l’Espagne en 1948, Aguayo décide de partir et tente sans succès de traverser clandestinement les Pyrénées. Il rencontre Antonio Saura qui expose à la Sala Libros de Saragosse.
1951 Aguayo commence trois grandes toiles, les plus importantes de cette époque, Interesante ou Semana santa, Tres por Tres ou Tú y yo et Estrellado ou A las cinco de la tarde.
1952 Il envoie à l’un de ses amis en séjour en France, le Dr Alberto Portera, un rouleau d’une demi-douzaine de toiles, puis en octobre, il emporte quelques toiles et huiles sur papier assez sèches pour être roulées – dontCalavera – et part pour Paris, où il pense séjourner un mois sans savoir qu’il s’y établira définitivement. En partant, il confie les clés de son atelier à José Uriel qui choisira et gardera en lieu sûr les quatre tableaux constituant sa participation au Salon d’art aragonais. Aguayo retrouve un ami de Saragosse, Lamana, avec qui il partagera une chambre d’hôtel de la rue Cassette pendant deux semaines, puis habitera quelque temps dans une chambre du pavillon espagnol de la Cité Universitaire et travaillera dans l’atelier d’une amie sculpteur, Simone Magnan. Il peint très peu cette première année mais passe énormément de temps à visiter les galeries et les musées. Pour survivre, il décore la salle de garde de Lariboisière où il peut manger gratuitement. Il sort aussi beaucoup, va au Dôme, au Sélect et au Raspail où il rencontre d’autres artistes. Il déteste la familiarité engendrée par l’appartenance à une nationalité et même dans le plus grand dénuement à son arrivée à Paris, il refusera de rallier le clan des peintres espagnols. Le départ d’Aguayo pour Paris marque le terme du Grupo Pórtico : Lagunas, resté seul à Saragosse, arrête de peindre. Il traverse une crise mystique qui le conduit à un militantisme catholique et considère son aventure picturale comme une zone obscure de sa vie. Eloy Laguardia décide de quitter Saragosse, passe six mois à Madrid et s’installe définitivement à San Sebastian où il travaille comme dessinateur dans une entreprise de matériel électrique. Il se marie le 19 janvier 1952 avec une sœur de la mère de Lagunas.
1953 Aguayo n’a pas pu continuer à payer le loyer de son atelier de Saragosse et en représailles, le propriétaire s’est servi de ses toiles pour allumer la chaudière. Federico Torralba est arrivé à temps pour sauver les petites, mais toutes les grandes œuvres ont été détruites. Lecteur boulimique, Aguayo progresse rapidement en français et se trouve très vite en mesure de lire couramment. Il lit un livre par jour, tout ce qui lui tombe sous la main, et quelques journaux comme Le Canard Enchaîné et Charlie Hebdo. Son livre de chevet restera les Essais de Montaigne, dont il lira des passages quotidiennement. Par l’intermédiaire du peintre Palazuelo, Aguayo rencontre M. Clayeux, alors directeur de la galerie Maeght et vieil ami de Jeanne Bucher, qui lui conseille d’aller voir Jean-François Jaeger. Son ami José Uriel arrive à Paris en septembre 1953. Ils retournent ensemble passer à Saragosse les fêtes de fin d’année. Il revoit ses amis, entre autres Alfonso Buñuel et le Dr Manuel Muñoz mais fait des cauchemars toutes les nuits de peur d’être arrêté.
1954 Il rencontre Marguerite Legrand. Avec ses longs cheveux noirs, un maintien très droit, sa silhouette élancée, sa peau claire et lumineuse, sa bouche généreuse et ses yeux brillants, Marguerite est d’une beauté plus espagnole que nature, révélée par ses origines catalanes. Elle est tourmentée par la trace assez visible quoique sans disgrâce d’une opération d’un bec-de-lièvre et cache sa grande timidité derrière un sourire. Presque immédiatement, Fermín lui raconte son enfance, sa propre opération et conquiert définitivement son cœur. Elle devient rapidement sa compagne. Il travaille pour le sculpteur hongrois Szabo qui a acheté un immeuble rue Delambre où habitent Makris, Sugaï, Tabuchi et Cárdenas. Les artistes les plus riches occupent des ateliers, les autres travaillent à la reconstruction intérieure et en contrepartie occupent un petit atelier. Il peut recommencer à peindre. Il utilise comme base le matériel des peintres en bâtiment et fabrique lui-même ses autres couleurs à partir de pigments, habitude qu’il conservera toute sa vie. À la fin de l’année, Jean-François Jaeger voit les grandes toiles de la série des Corridas et décide de lui assurer une sécurité matérielle.
1955 Aguayo réalise une série de compositions abstraites, morcelées au couteau, en perspectives plongeantes et centrées, dans les tonalités sourdes des terres arides de Castille. Il participe pour la première fois aux expositions collectives de la galerie Jeanne Bucher où il rencontre la peintre américaine Janice Biala et son mari Alain Brustlein avec lesquels commence une amitié qui durera toute sa vie. Biala dira plus tard qu’ils appréciaient de trouver chez l’un comme chez l’autre une franchise totale, et une véritable critique constructive de leur peinture. Solange du Closel et Henry Monnet créent une association du nom de Baralipton pour aider les jeunes artistes, et Aguayo en est l’un des principaux bénéficiaires. Il peut quitter la rue Delambre et passera quelques années dans une partie de la maison de Solange et Jacques du Closel, rue de Verneuil.
1958 Sa première exposition personnelle à la Galerie Jeanne Bucher rencontre un franc succès. Elle sera suivie par une autre exposition à New York à la Ruth White Gallery et une certaine aisance matérielle en découle. Aguayo achète une petite voiture d’occasion, une Simca Aronde, et part avec sa femme en voyage à Collioure, pays de Marguerite. Ils vont ensuite jusqu’à Sotillo de la Ribera. De ce voyage découleront les premiers tableaux de figuration paysagée, comme Collioure ou Montauban dans une perspective verticale.
1960 Jean-François Jaeger trouve dans le quartier de la Butte-aux-Cailles, passage Barrault, une maison ayant appartenu à un peintre, idéalement éclairée en nord-est. Il l’achète pour Aguayo le 29 avril. Pour la première fois, il est chez lui. Aguayo s’enferme avec Marguerite six ou huit mois dans la maison, et ne voit personne. Il consacre son temps à la restaurer, installe une salle de bains dans l’appentis du jardin. Cette année-là, il abandonne peu à peu l’abstraction pour revenir à la figuration. C’est une période de travail intense, pendant laquelle il tente, en se décalant chaque jour d’une heure par rapport à la veille, d’instituer un système de journées de 25 heures. Marguerite, entièrement dévouée, s’adapte à ces horaires bizarres qu’il abandonne finalement parce qu’il lui faut constituer ses palettes à la lumière du jour. Il continuera cependant de travailler la nuit, dans le calme, habitude contractée lorsqu’il partageait son minuscule atelier à Saragosse avec Laguardia et Lagunas.
1961 Exposition personnelle dans le nouveau local de la galerie Jeanne Bucher, un ancien atelier des Beaux-Arts qui permet la présentation de grands tableaux, dontla Grande boucherie (n° 206), et les trois principaux hommages à Vélasquez, Infanta Margarita, Infanta Margarita en rose et Felipe IV.
1962 Denys Sutton présente à Londres dans les salles de la Leicester Gallery, Aguayo, Lago, Callyanis et Castro sous le titre “Des Traîtres”. Le débat abstraction-figuration fait encore rage et les critiques se déchaînent, principalement contre Aguayo qui est vilipendé et traité de pâle imitateur de Nicolas de Staël. Fermín Aguayo est totalement indifférent à ces critiques. Il passe ses nuits dans les musées londoniens en compagnie de Sergio de Castro, qui, très ami avec le conservateur du Victoria and Albert Museum, se fait ouvrir toutes les portes.
1964 Sergio de Castro l’invite quelquefois à écouter du flamenco rue des Grands-Augustins. Aguayo adorait ces soirées, il était transporté, “presque en transe” se souvient Castro. Il réalisera quelques tableaux autour de ce sujet, chanteurs ou danseuses.
1965 Aguayo passe l’été avec Marguerite à l’Ile de Ré. À l’automne, la galerie Jeanne Bucher présente une exposition personnelle qui s’articule autour d’une vingtaine de tableaux fondamentaux tels quele Grand atelier, proposé au Musée Fabre de Montpellier, Le buffet, le Grand nu à la rose, Les peupliers d’octobre, le Grand paysage castillan de la collection du FNAC, Trois baigneuses…, thèmes qu’il continuera à développer les années suivantes.
1966 Il développe principalement le thème des baigneuses et travaille à de nombreuses études et tableaux préparatoires aux Grandes baigneuses achevé en 1967 de la collection du Musée de Vitoria-Gasteiz.
1967-1968 Ce sont des années fertiles, entièrement passées à l’atelier, en dehors d’un court séjour sur les côtes normandes. Il met en place dans le même temps de nombreux petits tableaux, autoportraits, marines, nus, baigneuses, ateliers, qui aboutiront aux œuvres majeures telles que les Grandes baigneuses, Grande Marine, l’Atelier aux oranges, Trois nus pour un espace et Le peintre.
1969 Il assiste à un récital de danse de Muriel Jaer, qui inspirera une œuvre importante, Danseuse, accompagné comme toujours lors de la création d’œuvres importantes de tableaux de dimensions plus réduites. À la gestuelle tendue, lumineuse et pleine de la danseuse succède le grand tableau des Œillets, d’une tension équivalente mais entièrement concentré sur le souffle provoqué par l’appel du gris neutre et vide du fond, encore souligné par la ténuité des fleurs et la fausse perspective d’une table.
1970 Il peint très peu cette année-là. Une grande nature morte, un portrait de Vélasquez, Autocritique d’une nature morte, immédiatement acquis par le Fonds National d’Art Contemporain et une étude pour Les passants sont à peu près les seuls tableaux datés de 1970.
1972 Il passe quelques semaines chez son ami Jean-Louis Arnaud alors en poste à Madrid. Ce voyage, prévu de longue date a été retardé plusieurs fois en raison de sa santé vacillante et des premières attaques du cancer. Il visite les galeries, entre autres Juana Mordó et Ponce.
1973 Il est opéré au mois de juillet et restera une dizaine de jours hospitalisé à la clinique. Il termine le grand tableau Espagne 36.
1974 Il est hospitalisé et opéré de nouveau. Il grave au burin une série de visages à la demande de Pierre Lecuire pour son recueil de poèmes Sonnets funèbres édité en 1975. En décembre, dernière exposition personnelle (du vivant de l’artiste) à la galerie Jeanne Bucher. À l’occasion de l’exposition “Pierre Lecuire et le Livre des Livres” chez Taranmann à Londres, Aguayo réalise une estampe (affiche-texte illustré) avec Pierre Lecuire. Un exemplaire signé par les deux artistes a été déposé à la Bibliothèque Méjane d’Aix.
1975 Il achève de grands tableaux, Grand Nocturne, Sombra Azul et Personnage, nocturne. À la fin de l’année, trop malade pour peindre, il retrace dans un carnet les croquis des tableaux réalisés au cours de sa vie et constitue un album de photographies, à la fois pour préparer sa rétrospective en Espagne et parce que sa peinture est tout ce qui lui reste de réalité. Il espère cependant encore se rétablir et développer une suite du grand tableau Les passants avec un thème évoqué en 1962 et 1963 par les tableaux Autoroute et Nocturne, qui allierait l’atmosphère nocturne, semi-aquatique aux lumières électriques et à la vitesse. Il n’y aura pas de tableaux datés après 1975.
1976 Il se sait perdu. Sur la demande insistante de Jean-François Jaeger et pour la protéger, il épouse sa compagne Marguerite le 22 mai. En novembre, il part à Madrid pour assister au vernissage de sa rétrospective dans les salles de la Dirección General del Patrimonio Artístico y Cultural.
1977 Il entre pour ne plus le quitter à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre en septembre, au moment même où Bernard Anthonioz signe l’achat pour le Fonds National d’Art Contemporain duGrand Paysage castillan (n° 320).Le 7 novembre, il réalise avec Claude Esteban son dernier entretien.
Il décède le 22 novembre et sera inhumé le lundi 28 novembre au cimetière parisien de Bagneux.