1914 Naissance de Nicolas de Staël à Saint-Pétersbourg.
1919 La famille Staël, chassée par la révolution, quitte la Russie et se fixe en Pologne.
1922 Nicolas de Staël perd ses parents et se retrouve seul, à 8 ans, avec ses deux sœurs. Les enfants sont recueillis par un ingénieur et sa femme, M. et Mme Fricero. Ceux-ci assureront leur éducation à Bruxelles, en Belgique.
1924-1932 Nicolas fait ses études à Braine-l’Alleud.
1933 Il entre à l’Académie des beaux-arts de Saint-Gilles-les-Bruxelles et s’inscrit également à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles ; il y fait des études brillantes.
1934 Voyage dans le Midi de la France. À Paris, découvre Cézanne, Matisse, Braque, Soutine…
1936 Première exposition à la galerie Dietrich, à Bruxelles. Voyage au Maroc où son regard de peintre acquiert toute son envergure : une observation minutieuse des choses, des paysages et des êtres lui révèle son « idéal ».
1937 À Marrakech, rencontre Jeannine Guillou, artiste peintre, qui devient sa compagne.
1939 En septembre, il s’engage dans la Légion étrangère.
1940 Démobilisé, Staël se retrouve en « zone libre ». Il rencontre Delaunay, Arp, Magnelli, Jean Klein, Le Corbusier…Il dessine au charbon.
1942 Cette année marque le commencement de son œuvre. Staël s’oriente vers l’abstraction.
1943 Nicolas et Jeannine partent pour Paris, où Jeanne Bucher accueille chaleureusement la peinture de Staël.
1944 Jeanne Bucher expose, dans sa galerie du Montparnasse, Kandinsky, Domela et Staël. Après la Libération, les collectionneurs commencent à s’intéresser à sa peinture. Il rencontre Georges et Marcelle Braque, ainsi que le poète Pierre Reverdy.
1945 Exposition personnelle chez Jeanne Bucher, qui est très bien accueillie.
1946 En février, mort de Jeannine Guillou. Staël entre à la galerie Louis Carré. Nicolas de Staël épouse Françoise Chapouton.
1947 Nicolas et Françoise s’installent dans un grand atelier à Paris, dans le XIVe arrondissement. Staël voit souvent Georges Braque qui habite le même quartier. Il rencontre Théodore Schempp, marchand de tableaux américain. Prévenu par Braque celui-ci s’enthousiasme immédiatement pour la peinture de Staël et lui ouvrira peu à peu le marché américain.
1948 Jacques Dubourg s’intéresse à l’œuvre de Staël, qui exposerait volontiers dans sa galerie pour figurer aux cotés de Corot, Delacroix, Géricault. Obtient la nationalité française. Expose à Montevideo (Uruguay) dont le catalogue est préfacé par Pierre Courthion.
1949 Voyage aux Pays-Bas, où il admire Frans Hals, Rembrandt… Pierre Lecuire entreprend son livre Voir Nicolas de Staël qui paraîtra en 1953. Rencontre l’historien Georges Duthuit et le philosophe Jean Grenier. Sans abandonner les brosses avec lesquelles il peint depuis longtemps, Staël va aussi utiliser le couteau jusqu’en 1954.
1950 Le Musée national d’art moderne achète et expose une grande composition de 1949. Jacques Dubourg ouvre sa galerie au 126, boulevard Haussmann à quelques peintres contemporains. Il organise une exposition des peintures de Staël.
1951 Exposition chez Schempp à New York. Duthuit fait connaître l’atelier de Staël à René Char. Il naît entre le poète et le peintre une amitié féconde. Ils conçoivent ensemble plusieurs projets de livres dont un, Poèmes de René Char – Bois de Nicolas de Staël, sera concrétisé cette année-là. Exposition de dessins chez Dubourg. Exposition du livre réalisé avec René Char. Fait la connaissance de Suzanne Tézenas qui lui ouvre son salon où se retrouvent musiciens, poètes, écrivains, peintres, philosophes : Cioran, Boulez, Messiaen, Michaux, Cingria…
1952 Staël ressent le besoin d’accorder sa vision au monde réel. Il va peindre sur le motif à Mantes-la-Jolie, à Chevreuse…Bernard Dorival lui demande de faire don des Toits au musée national d'art moderne qu'il dirige. Le peintre assiste au match de football France-Suède en nocturne au Parc des Princes. Paul Rosenberg commence à manifester de l'intérêt pour la peinture de Staël. Expose au Salon de Mai le grand Parc des Princes. Projet d'exposition à New York chez Knoedler. Durant tout l'hiver, il travaille en vue de l'exposition, peignant paysages, fleurs, figures... Projet de ballet avec René Char, puis avec Pierre Lecuire, qui n'aboutiront pas. Peint Les Indes galantes.
1953 Voyage avec Françoise, sa femme, et Pierre Lecuire en Italie. Part pour New York faire l'accrochage de Knoedler. Passe le reste du temps dans les musées de Manhattan, à Philadelphie et dans les collections particulières. Visite la collection Barnes, dont les Grandes Baigneuses de Cézanne le fascinent. L'exposition chez Knoedler remporte un très grand succès, mais Staël est terrifié par la vie américaine qu'il ne supporte pas. Retrouve son atelier et se remet à peindre. Paul Rosenberg lui propose un contrat intéressant; Staël accepte. C'est pour lui la délivrance de soucis matériels encore aigus. Passe l'été dans le midi de la France, à Lagnes. Peint des portraits, des paysages, des natures mortes, des fleurs. Voyage d'un mois en Italie et en Sicile. Au cours de ce voyage, il dessine beaucoup. De retour en France, il s'installe seul à Lagnes. Jeanne Mathieu devient son "modèle". Commence à peindre des paysages de Sicile, tout en cherchant une maison dans le Midi. Il achète le Castelet à Ménerbes. Rencontre Douglas Cooper, collectionneur anglais et historien d'art qui habite dans le Gard et compte dans sa collection des Légers, Juan Gris, Picasso, Braque.
1954 Sa technique se modifie, Staël commence à peindre de manière plus fluide, voulant laisser toute la fraîcheur au geste de la main. Exposition chez Rosenberg à New York, qui remporte un grand succès. Exposition chez Dubourg. Pendant l'été, travaille à Paris. À l'automne, il s'installe seul à Antibes, dans la maison Ardouin. Il travaille tout l'hiver, peint la mer, le port, les ateliers, des natures mortes, des nus.
1955 Staël prépare une nouvelle exposition chez Dubourg pour le mois de juin. Une autre à la galerie Tooth, en Angleterre, et une au musée d'Antibes pour l'été. Il conçoit également d'autres projets de livres. Il travaille énormément, plusieurs toiles à la fois – des ateliers, des natures mortes. Une de ses grandes inquiétudes d'alors est la différence de lumière entre Antibes et Paris, quand les toiles peintes à Antibes devaient être exposées à Paris, ou bien à New York. Il assiste à Paris à deux concerts consacrés à Schönberg et à Webern, qui inspireront la dernière grande toile, Le Concert. Épuisé par des années de travail dans relâche, Nicolas de Staël se suicide le 16 mars à Antibes.