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Biographie Version imprimable
Roger BISSIERE


1886
22 septembre naissance de Roger Bissière à Villeréal (Lot-et-Garonne) dans une famille de notaire.

1890   
Naissance de sa sœur, Marie-Louise Geneviève, à Villeréal, le 18 mai.

1901   
Fernand Bissière, le père, vend son étude de Villeréal et achète une étude d'huissier à Bordeaux où il s'installera avec sa famille l'année suivante.

1902   
25 avril, la mère de Bissière, âgée de 44 ans, meurt à Bordeaux.

1904   
Le père de Bissière refuse l'inscription de son fils à l'école des Beaux-Arts de Bordeaux.  A la suite de ce refus, Bissière part brusquement en Algérie. Il vivra à Alger jusqu'en août 1905.

1905-1909
S'inscrit à l'Ecole des Beaux-Arts de Bordeaux où il fréquente l'atelier de Paul Quinsac jusqu'en 1909.
   
  

1910
Elève à l'école des Beaux-Arts de Paris sous la direction de Gabriel Ferrier.
Expose au salon des Artistes Français Portrait de R.G. Guasco. C'est sa première exposition connue.

1911
Il effectue un séjour à la Villa Médicis où il est invité par son ami Jean Dupas, lauréat du Prix de Rome.

1912          
A partir de décembre et jusqu'en juillet 1919, il rédige des comptes-rendus d'expositions dans l'hebdomadaire parisien L'Opinion.

1913                   
Le 14 juin, sa sœur Geneviève meurt de la tuberculose à Arcachon.
Du 17 au 29 novembre, Bissière expose sur la recommandation de Maurice Denis avec les artistes du 1er groupe de la galerie Eugène Druet.

1914
Bissière hérite de sa mère la maison de Boissierette dans le Lot. Avec son ami René Baron, installés dans la maison, ils estiment que l'élevage des abeilles est le plus sûr moyen de réaliser rapidement leur rêve de vie à la campagne, débarrassés des soucis financiers. C'est la première tentative d'une longue série d'essais toujours voués à l'échec!
À la déclaration de la guerre, Bissière est exempté du service militaire. Le 16 août, à Paris, il s'engage à la Croix-Rouge.

1917               
Il décore la façade de la maison de Boissierette de deux grands nus encadrés de bandes de motifs ornementaux.

1919
Le 23 janvier, Bissière épouse Catherine Lucie Lotte, dite Mousse.
Expose pour la première fois au Salon d'Automne.
Se lie d'amitié avec André Lhote. Puis avec Georges Braque.
Collabore à l'Esprit Nouveau, revue dirigée par Ozenfant et Le Corbusier-Jeanneret. Dans le premier numéro du 15 octobre, il fait paraître des "Notes sur l'art de Seurat".

1920
Le 19 janvier, Bissière expose à la galerie Berthe Weill avec Galanis, Gernes, Llhote, Lotiron et Utter. Pour la première fois de sa carrière, il vend une toile. Il raconte en 1954 à Pierre Descargues l'annonce de cette première vente : "J'entrais dans le repaire de Berthe Weill assez inquiet. Elle m'accueillit par des cris d'oiseau et me dit : "J'ai vendu un de vos tableaux, cent vingt francs. J'espère que vous êtes content pour une première exposition". Je n'étais pas content, j'étais sidéré et me demandais si je ne rêvais pas. Pourtant, quand j'eux dans la main un billet de cent francs, je dus me rendre à l'évidence. J'étais tellement énervé par cet événement prodigieux que je parcourus Paris à pied pendant des heures et ne rentrais chez moi qu'assez tard. Je partageais alors mon atelier avec un camarade qui, lorsque je rentrais, dormait déjà. Je crus bon de le réveiller pour lui conter ma prodigieuse aventure. Il haussa les épaules et me dit simplement "Quand tu voudras me raconter des blagues aussi idiotes, tu feras mieux de ne pas me réveiller". Et sur ces fortes paroles, il se retourna dans son lit et se rendormit, me laissant méditer sur la vanité des choses humaines."
Bissière publie des "Notes sur l'art de Braque", certaines de ses lignes sont tout à fait révélatrices de sa "mode picturale".
En octobre, Bissière écrit pour la revue L'Esprit Nouveau un texte intitulé "Notes sur l'Art de Seurat".

1921                   
Dans l'Esprit Nouveau, il publiera pour le n° 4, "Notes sur Ingres" et dans le n° 9 "Notes sur Corot".
Les critiques le considèrent alors plus comme un théoricien-peintre que comme un peintre qui a des théories.
D'avril à mai, la Galerie Paul Rosenberg lui consacre une exposition personnelle avec 20 tableaux.
Le 14 décembre, naît son premier fils, prénommé Jean-Dominique, en hommage à Ingres. L'enfant meurt quelques jours plus tard.
Participe à l'exposition d'Art Français à Amsterdam organisée par la Galerie L'Effort Moderne, Paris; à la Rétrospective de l'Art Français des XIXe et XXe siècles à Prague.

1923-1939     
Accepte un poste de professeur de peinture et de croquis à l'Académie Ranson. L'Académie Ranson devient rapidement un lieu de passage et de discussion pour beaucoup de jeunes peintres et de critiques. Bissière va rencontrer au fil des années des personnalités très différentes comme Louis Bourgeois puis à partir de 1932, Alfred Manessier, Jean Bertholle, Jean Le Moal, Vieira da Silva, Arpad Szenes, Hans Reichel, Etienne-Martin, Hans Seiler.

1923
Le 17 décembre, la Galerie Druet forme un 4e groupe de peintres dont elle exposera annuellement le travail jusqu'en  1937. Ce groupe est constitué de Roger Bissière, André Favory, Odette des Garets, Paul-Elie Gernez, Walter Gimmi, André Lhote, Robert Lotiron, Henri Malançon, Simon-Lévy et Maurice Utrillo.

1924
Au mois de mars, exposition personnelle à la galerie Druet. Expose pour la  première fois au Salon des Tuileries.
Participe à l'exposition "Les Cent Peintres" organisée par la Société des Amateurs d'Art.

1926
Naissance de son fils, Marc-Antoine, qui, lui aussi, se consacre à la peinture sous le nom de Louttre.

1927-1929                 
Il travaille sous contrat avec la galerie Drouet qui obtient le premier choix sur la production et avec Jacques-Georges Lévy à qui il cède la seconde partie de sa production.Au mois de novembre 1929, Jacques-Georges Lévy cède une partie de la production de Bissière aux Leicester Galleries à Londres puis rompt brusquement son contrat en octobre 1931.

1933
Il travaille pendant l'été à Boissierette en s'écartant "résolument non seulement de toute représentation, mais de toute allusion à un objet définit." Il s'interroge sur la finalité d'une telle peinture : "Et puis n'est-ce pas trop une peinture pour peintres, n'oublie t-on pas un peu les rapports humains qu'il est nécessaire peut-être de laisser subsister si on veut parler à des hommes un langage capable de les émouvoir? " (Lettres à Blaise Jeanneret du 19 juin)
Durant l'été, Bissière loue sa maison du square Montsouris à son ami, le peintre Nicolas Wacker, massier de son atelier à l'Académie Ranson.
Fin octobre, Bissière est victime d'une congestion pulmonaire.

1934
En janvier, exposition personnelle aux Leicester Galeries avec 30 tableaux.
Il passe le mois de février à Amélie-les-Bains en convalescence.
Durant l'été, il réalise ses premières sculptures.
Il ouvre un atelier de fresque à l'Académie Ranson.
19 décembre, Bissière participe à une exposition à la Galerie de Paris, et vend deux dessins. Cette exposition organisée par le critique d'art Jacques Lassaigne, a pour but de réconcilier le public avec l'art vivant. Jacques Lassaigne le soutiendra durant toute la suite de sa carrière.

1935
Premier Salon de l'art mural, rue de Miromesnil. Bissière fait partie du Comité d'honneur de l'association nouvellement créée. Une des toiles : Nature morte au Violoncelle, entre au Musée du Luxembourg.

1936
La salle d'exposition de l'Académie Ranson accueille les peintures d'Albéric, Bissière, Henschel, Jeanneret, L. Moal, Manessier, Reichel et Wacker.

1937
Participe à l'Exposition Internationale dans l'équipe de Robert Delaunay et l'architecte Félix Aublet aux décorations du pavillon des Chemins de fer. De plus il est chargé de décorer le pavillon de la Marine marchande. En tant que chef d'équipe, il est assisté par Alfred Manessier, Blaise Jeanneret, Jean Bertholle et Jean Le Moal.
Le 17 juin, au Petit Palais s'ouvre une exposition intitulée "Les Maîtres de l'Art Indépendant, 1895-1937"
Avec l'exposition Origines et Développements de l'art international indépendant au Jeu de Paume, celle du Petit Palais permet pour la première fois en France de découvrir l'art moderne international. Bissière, grâce à l'appui de Jacques Lassaigne, expose cinq œuvres au Petit Palais, en compagnie de Chagall, Soutine, Modigliani et de Pascin.
En août, il construit un oratoire à Boissierette et peint à fresque une crucifixion.

1938
Au début de l'année, Louttre est victime d'une congestion pulmonaire. En mars, il part en convalescence avec Mousse à Boissierette, tandis que Bissière, resté à Paris, travaille sur un projet de décoration du théâtre de Vichy en collaboration avec Félix Aublet.

1939                   
Bissière réalise des projets décoratifs dont Félix Aublet est le principal commanditaire : appliques en plâtres et peinture en bâtiment se succèdent alors que Mousse et Louttre cherchent une solution pour vivre à la campagne d'agriculture et d'élevage. Bissière cesse d'enseigner à l'Académie Ranson.
Le 1er mai, le père de Bissière meurt. A Boissierette, Bissière exécute un rideau de scène pour Saint-Hilaire de Touvet.
Dans l'imminence de la guerre, la maison du square Montsouris est vendue et la famille s'installe définitivement à Boissierette.
A la déclaration de la guerre, Bissière ne peint presque plus, terriblement affecté par ce drame humain.

1940
Pendant la débâcle, des anciens élèves viennent se réfugier dans le Lot. Alfred Manessier, Jean Léon, le couple Rilsky ami de l'Académie Ranson, ainsi que  Charlotte Henschel.

1942   
Bissière héberge son ancien massier, Nicolas Wacker, avec son épouse. Des amis passent quelques jours, comme Louis Latapie, ou s'installent pour quelques mois. Le 6 août, le musée national d'Art moderne est inauguré à Paris. L'œuvre de Bissière est représentée par deux toiles : Nature morte au violoncelle de 1921 et Figure debout de 1937.

1943          
11 février, à l'instigation d'Alfred Manessier, il expose deux pastels à la Galerie de France. C'est son retour à la création.

1944
Exposition Bertholle, Bissière, Antoine Bissière, Jean le Moal, Manessier, Singier, Sculpture d'Etienne-Martin à la Galerie de France. Bissière expose deux pastels : La palette et L'atelier du peintre.

1945
Le premier Salon de Mai organise un "Hommage à Bissière". L'artiste y expose trois toiles. Il y exposera de nouveau en 1957 et 1958.
Dans une lettre du 20 avril, Bissière écrit à Louttre : "Je prépare aussi des paysages presque tous en orange et bleu, que je voudrais exécuter sur des toiles assez grandes… Tout cela est assez différent de ce que tu connais, j'ai spéculé sur la couleur, et tâché de rendre mon impression avec quelques taches colorées les plus intenses possibles. Dans chaque toile, il n'y a guère plus de 2 ou 3 couleurs dont une dominant toutes les autres, mais ces couleurs contrastent le plus possible […] Bien entendu cela ressemble assez peu aux toiles sombres que j'ai exposées au Salon de Mai, on va dire que je change encore, mais je me fous de ce qu'on dira, je fais ce que j'ai envie de faire au moment où je le fais…" 
La pénurie de couleurs, de pinceaux et de toiles est un sujet contant d'inquiétude, mais ces obstacles matériels ne le découragent pas.
C'est début décembre qu'il évoque pour la première fois ses tapisseries dans une lettre à Louttre : "Elles avancent à pas de néant." Aussitôt rentré à Boissierette, c'est avec la rapidité permise par l'utilisation d'une technique tout à fait singulière qu'il réalise des tapisseries aux antipodes des préoccupations de l'époque dans ce domaine. Vêtements usagés, toile grossière des sacs, morceaux de tissus de tous acabits, chandails abandonnés, coton et jute, tissus fins ou épais.  Les tissus découpés selon les besoins disposés, superposés ou mis bout à bout pour former les éléments d'une représentation élémentaire mettant en scène des thèmes pastoraux ou d'une religiosité franciscaine. Un peu à part, le drame d'Hiroshima nous éloigne des thèmes qui vont sous-tendre durant quelques années la peinture de Bissière.
Après cet assemblage rapide intervient le temps où chaque élément est repris et cousu par Mousse ; les morceaux de tissus appliqués sont fixés par une broderie, grossier point de croix qui épingle le tissu en son milieu, fils de laine qui zigzaguent et le bordent soigneusement ou le rehaussent d'un motif décoratif.

1947
Expose à la Galerie René Drouin trente peintures et sept tapisseries. Bissière intitule sa contribution pour le catalogue : T'en fais pas la Marie. T'es jolie … Dans ce texte, il justifie l'emploi des matériaux les plus divers: "le tableau qu'il soit à l'huile, à l'eau, qu'il soit fait d'étoffes, de ciment, de plâtre ou de boue des chemins, n'a qu'une signification : la qualité de celui qui l'a créée, la poésie, qu'il porte en lui."

1948
Le retour à Boissierette a un goût amer, l'exposition chez Drouin a été un échec financier, la presse s'est montrée dubitative ; pourtant s'affirme l'estime de ses anciens élèves de l'Académie ou d'autres peintres de la galerie René Drouin comme Jean Dubuffet.
Bissière expérimente une nouvelle technique : la peinture à la cire. La cire d'abeille est mélangée avec de l'essence de térébenthine dans une casserole, puis chauffée au bain-marie. Le pigment est mélangé au bout du pinceau avec la cire et l'essence. Parfois, une feuille de papier posée sur la peinture est repassée avec un fer pour que les couleurs se diffusent. La peinture est souvent reprise avec de la mine de plomb qui creuse la surface.

1949
De sempiternels problèmes financiers assaillent Bissière. Pour y pallier, il entreprend de réécrire et d'illustrer l'Odyssée sur un mode moderne et drolatique. L'échec de cette entreprise le conduit à se tourner, à l'instigation de Louttre, vers le débardage et la fabrication de charbon de bois.
En décembre, devant cette situation financière inextricable, Louttre décide d'aller travailler à Paris, laissant son père profondément désespéré par cette séparation.
Dans une lettre du 15 décembre, Bissière demande à Louttre de lui donner l'adresse de "Geiger (sic) à la galerie Jeanne-Bucher". C'est la première fois que dans leur correspondance apparaît le nom, mal orthographié, du tout jeune directeur Jean-François Jaeger de la galerie Jeanne-Bucher.
Celui-ci raconte : "J'avais vu les tableaux de Bissière à la Galerie Drouin. J'en avais beaucoup entendu parler par les peintres Bertholle, Pagava, Etienne-Martin, Stahly, Le Moal. Tous avaient une grande reconnaissance à Bissière de ce qu'il avait appris à l'Académie Ranson ; ils parlaient de Bissière comme d'un être mythique, qu'il fallait à tout prix rencontrer. Puis un jour, je l'ai rencontré, j'étais devant le Miramar, un cinéma de Montparnasse, en compagnie de Nicolas de Staël et de Félix Aublet. Louttre nous a présenté son père."

1950
Il expérimente le procédé de peinture à la détrempe dont il avait déjà consigné diverses recettes dans un gros cahier gris. D'après les souvenirs de Louttre, c'est pourtant une technique de peinture à l'œuf un peu particulière qu'il met au point : " un quart de verre d'huile de lin, le même volume de jaune d'œuf dont on enlève le germe ; dans ce mélange, on rajoute le même volume d'eau et quelques gouttes de vinaigre pour en éviter le pourrissement. "  La peinture à l'œuf lui offre la possibilité de donner aux couleurs un maximum de fraîcheur et d'éclat.
Participe à une exposition à Berlin puis en Suisse, au musée des Beaux-Arts de la Chaux-de-Fonds.
Le 11 juin, Bissière est opéré d'un double glaucome aux yeux. La menace de devenir aveugle a disparu et le soulagement est intense. Pourtant les séquelles d'une opération trop tardive sont irréversibles.
Il peint une série de petits tableaux avec des motifs inspirés de l'île de Ré.

1951
Jean-François Jaeger explique :"Lorsque j'ai appris que Bissière avait une série de tableaux, je suis parti à Boissierette. On est arrivé dans une maison qui était celle d'un paysan évolué, on était dans un monde simple."  En effet, Bissière décrit la pièce où il travaille : "Mon atelier ici est un grand hangar sous les tuiles sans plafond. On y étouffe l'été, on y gèle l'hiver. Il n'est jamais balayé, c'est un principe. Je ne suis à l'aise que dans le désordre sous mon plafond de toiles d'araignées et mon plancher peuplé de bouts de cigarettes." (Lettre non datée à Jean-François Jaeger)
Jean-François Jaeger qui découvre les peintures à l'œuf est enthousiaste et décide immédiatement de les exposer à la fin de l'année.
 Du 19 octobre au 17 novembre, est organisée la première exposition personnelle de Bissière à la Galerie Jeanne-Bucher intitulée "Quelques images sans titre", une cinquantaine de tableaux de petits formats peints à l'œuf sont accrochés.  Jean-François Jaeger explique :"il y avait deux pièces et les murs étaient tous couverts sur une rangée ; l'exposition a eu un succès énorme, les deux tiers des tableaux ont été vendus. Les prix étaient ridicules. Bissière avait voulu se mettre au niveau le plus bas possible, comme un débutant. Un considérable élan d'enthousiasme accueille cette manifestation, non pas celui de spéculateurs, mais d'amateurs passionnés qui rétabliront ainsi la redécouverte de l'artiste. Très vite se répand sa notoriété, qui va toucher en France et surtout à l'étranger, le cœur et l'estime des amateurs.

1952
Au cours de la 2ème exposition personnelle à la Galerie Jeanne-Bucher, environ 25 grands formats y sont présentés. Collectionneurs et responsables des grands musées d'Europe s'y rendent. Le Grand Prix National des Arts, décerné pour la première fois à un peintre, lui est attribué le 23 décembre.

1953
Bissière demande à Fiorini de traduire en gravure les aquarelles de son projet de livre sur Saint François. Il publie un album de 13 lithographies intitulé Pour expérimenter le hasard, tiré à 50 exemplaires.

1954
Il redécouvre la peinture à l'huile.
Est invité à la XXVIIe Biennale de Venise, le Pavillon Français présente le choix de Raymond Cogniat ; il groupe dans la deuxième salle : Hans Hartung, Gérard Schneider, Bissière (il y présente huit toiles), Nicolas de Staël, Elena Vieira da Silva et Maurice Estève.
Le livre gravé Cantique à Notre frère Soleil de François d'Assise est édité à 48 exemplaires par la Galerie Jeanne-Bucher et exposé dans ses murs à partir du 19 novembre.

1955
Max-Pol Fouchet fait paraître un ouvrage sur l'artiste aux Editions "Le Musée de Poche". Participe à la Dokumenta I à Cassel avec 6 œuvres.
En juin, à la IIIe Biennale de Sao Paulo, Jean Cassou invite Bissière avec 10 peintures et le livre gravé  Cantique à notre frère Soleil de François d'Assise. Le 15 juillet, pour l'ouverture de la Dokumenta I à Cassel, Bissière présente 6 œuvres.

1956   
La galerie Jeanne-Bucher expose 41 huiles, le catalogue est préfacé par Jacques Lassaigne. À l'automne, à l'occasion d'une visite à Colmar, Bissière voit pour la première fois le Retable d'Issenheim de Grünewald dont il garde ne permanence une reproduction noire et blanche accrochée dans son atelier.

1957
De juin à novembre, une exposition rétrospective s'enchaîne à la Kestner Gesellschaft de Hanovre puis au Stadtische Kunsthalle de Recklinghausen et enfin au Sankt-Annnen-Museum de Lubeck. 82 œuvres sont présentées, la préface du catalogue est de Werner Schmalenbach. En décembre, c'est le Stedelijk van-Abbemuseum de Eindhoven puis le Stedelijk Museum d'Amsterdam qui présentent 88 numéros. Bissière écrit la préface du catalogue "Ma peinture est l'image de ma vie, le miroir de l'homme que je suis, tout entier, avec ses faiblesses aussi. Devant ma toile, je ne pense pas au chef-d'œuvre. Je ne pense même pas au résultat. Je me berce d'histoires improbables et je mets des couleurs dessus."

1958      
La Galerie Jeanne-Bucher présente une série de 34 huiles sur papier sur le thème des «Quatre saisons». Il écrit le texte du catalogue.
En juillet, Bissière réalise les cartons pour les vitraux des églises de Develier et de Cornol (Suisse), puis il exécute les maquettes des deux verrières pour les tympans des portails des tours de la cathédrale Saint-Étienne de Metz réalisées par Charles Marq et Brigitte Simon, peintres verriers.

1959          
En février, une exposition rétrospective intitulée Bissière, artisan de la Cathédrale s'ouvre dans les musées de la ville de Metz.
Jean Cassou inaugure une exposition rétrospective au Musée national d'art moderne de Paris avec 121 œuvres dont 7 tapisseries sont présentées.  À 73 ans, c'est la première rétrospective de son œuvre en France.
Le 11 juillet, Bissière présente 5 toiles lors de la Dokumenta II de Cassel.
Novembre fin de la construction d'un nouvel atelier au fond du jardin de Boissierette.

1961                   
Du 17 janvier au 25 février, les World House Galleries à New York présentent 33 tableaux réalisés entre 1919 et 1959, la préface du catalogue est de Jean Cassou. Du 3 novembre au 3 décembre, dans le cadre du Salon d'Automne qui se tient au Grand Palais, un Hommage à Bissière est organisé.

1962
Du 11 mai au 23 juin, exposition dans les nouveaux locaux de la galerie Jeanne-Bucher au 53 rue de Seine, de 34 tableaux.
Le Kunstmuseum de Lucerne organise une rétrospective avec 106 œuvres.
Le 13 octobre, Mousse meurt à Paris.
 
1963-1964           
Depuis la mort de Mousse, Bissière peint son Journal en Images, des petits tableaux qui retracent sa vie quotidienne.
Une cinquantaine de ces huiles, souvent rehaussées de crayons-feutres, sont exposées à la galerie Jeanne-Bucher à partir du 8 mai. À l'occasion de cette exposition, les éditions Hermann éditent un livre sur le Journal en images dont le texte est signé de François Mathey.
Le 20 juin, ouverture de la XXXIIème Biennale de Venise, Jacques Lassaigne, commissaire de l'exposition pour la France, invite Bissière et Julio Gonzalès à occuper la grande salle du pavillon français. L'entrée du pavillon est occupée par les tapisseries, dans la grande salle, l'accrochage présente 31 tableaux peints de 1946 à 1964. Il remporte une mention d'honneur en raison «de l'importance historique et artistique de son œuvre.»

Le 2 décembre 1964, Bissière  meurt à Boissierette.


Biographie d'Isabelle Bissière

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